Exposition – Désirs secrets

Artiste engagé, Isidore nous dévoile, en peinture, les tourments des hommes, en illustrant leurs désirs secrets. Première grande exposition pour ce créateur boulimique et touche à tout, passionné et passionnant.

Il est arrivé avec un premier tableau, vrillé, et peint sur les deux faces. « J’ai commencé à peindre d’un coté, et puis avec l’humidité le tableau s’est tordu… J’ai décidé de le laisser ainsi, et de peindre de l’autre coté pour en faire une toile recto-verso ! ». Isidore est un artiste plein de surprise…Qui lui-même aime se laisser surprendre. Comme son tableau, il est un peu vrillé – dans le sens anticonformiste à la recherche du geste artistique qui pourra le révéler au mieux dans sa complexité. Comme son tableau encore, il a plusieurs faces. Coté pile on trouve les arts de la scène : comédien, musicien, chanteur, Isidore est clairement un artiste du spectacle vivant, au sens littéral du terme ; c’est lui qui, face au public, incarne l’œuvre, qu’elle soit théâtrale ou musicale. Depuis plusieurs années, on le retrouve ainsi sur les planches du CCFG et d’ailleurs. Il a par exemple récemment participé à plusieurs pièces de théâtre, telles que Tartuffe, le Cid, Electre, et son groupe actuel, La Riposte 2, se produit régulièrement en concert, en attendant – on l’espère – un album.

Coté face ce sont les arts visuels qui dominent. Isidore est un plasticien, qui expérimente les matériaux et les surfaces, cherchant toujours à donner du sens à ses créations.

Sa passion pour le dessin remonte à l’enfance. Il se souvient avoir créé son premier cahier de dessin en classe de 4ème année. Il y reproduisait des personnages de bandes dessinées comme Tintin, ou Conan. Plus tard, c’est au tableau noir et sur les corps qu’il se met à dessiner. Des tatouages pour des amis admiratifs de sa maitrise du tracé et des motifs. Le plasticien qu’il est s’essaie également à la confection d’objets divers comme des bracelets, des colliers taillés dans les morceaux de calebasse et d’écorces…

Et parce qu’une image ne lui suffisait pas, il tente même d’en produire 24 par secondes en devenant étudiant à l’ISAG, en section cinéma. Une filière où, pensait-il, il pourrait enfin mettre en œuvre toutes les disciplines artistiques qu’il pratique en même temps, avant de finalement revenir aux fondamentaux.

C’est au détour d’une conversation anodine qu’est né le projet de cette exposition. « je suis en train de travailler sur des peintures qui évoquent des désirs secrets » nous confie-t-il. Comment, alors, résister à un thème aussi évocateur ? Qu’y a-t-il à dévoiler dans ce que nous désirons et tentons de cacher ? Lui cherche simplement à sonder les tourments de l’âme humaine. Pour cela, il peint dans un style contemporain, avec relief, différentes scènes de la vie quotidienne. Composées de matériaux divers et de peinture à l’huile, ses toiles illustrent des actes qui parfois défraient la chronique. De la passion, du voyage, du pouvoir, de la superstition…  Chaque scène a bien entendu un sens, mais le comprendrons-nous de la même manière ?

La liberté d’interprétation qu’il nous offre fait partie du projet… avec celle de nous laisser deviner le désir secret de chaque personnage. Qu’est-ce qui pourrait bien pousser les jeunes vers le vice, une jeune maman à abandonner son bébé dans un tas d’ordures ; ou encore un cadre de l’administration à détourner des fonds publics ? Des questions qui restent en suspens, et auxquelles nous aurons donc l’opportunité de répondre en venant découvrir son travail, le temps de cette fabuleuse exposition de rentrée au CCFG.

Vernissage  JEUDI 13 SEPTEMBRE – 18H00

Entrée libre

Exposition du 13 septembre au 10 octobre