Exposition

Les Invisibles d’Amzalazala

Une exposition photographique de Hamed Traoré

Mohamed Traoré dit Hamed Traoré est né à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso. S’il tire ses origines à la fois de Saint-Louis (Sénégal), de Ségou (Mali), de Sikasso (Mali) et du Houet (Burkina-Faso), il les tient aussi des Peulhs, des Bobo-Djoulas et des Bambaras. Pour lui, il est tout simplement un « citoyen africain ».

Touche-à-tout, il commence sa vie professionnelle comme soudeur. C’est lorsqu’il trouve un petit emploi à la cafétéria du Centre Culturel Français de Bobo-Dioulasso qu’il commence à côtoyer des artistes. Arrivé à Bamako en 2006, il commence comme vendeur, retrouve son métier de soudeur puis achète une voiture et devient chauffeur de taxi. Habitué du Centre Culturel Français de Bamako, c’est là qu’il rencontre le premier journaliste et qu’il deviendra fixeur. En 2013, la guerre éclate dans le nord du Mali, les journalistes se succèdent pour couvrir l’évènement et font appel à lui : RFI, BFM TV, Figaro, Libération, RTS, etc.

C’est dans ce contexte que, toujours en 2013, Hamed Traoré rencontre le célèbre photographe italien Paolo Marchetti. Au-delà de l’amitié qui se noue entre les deux hommes, cette rencontre est déterminante pour Hamed Traoré qui découvre un art qui lui était jusqu’alors inconnu. Fasciné et conquis, il participe activement aux différents reportages qu’effectue le photographe italien. Encouragé par ce dernier, il économise et avec l’aide du photographe, achète son premier appareil photo.

S’entrainant d’abord à photographier sa famille, ses amis, la ville qui l’entoure, il décroche en 2014 un contrat avec une ONG pour effectuer une série de photos sur la pisciculture à Sikasso. Puis, c’est avec le Zoo de Bamako qu’il travaille en 2015. En parallèle, il effectue un travail personnel sur ce qu’on appelle en Afrique les « fous », des personnes fragiles ayant un handicap mental ou psychologique qui errent et vivent dans la rue. La précarité et les conditions de vie de ses personnes le touche, il réalise une série de portraits.

Toujours en 2015, Hamed Traoré effectue un voyage à travers cinq pays de l’Afrique de l’Ouest et découvre d’autres approches de la photographie dans des contextes et paysages divers et variés. Il approfondit également ses connaissances lors de plusieurs séjours en France où il visite différentes expositions.

En juillet 2018, il effectue un photoreportage dans le nord de la République du Congo, à Mossaka. Petite ville enclavée, accessible uniquement par voie fluviale, Hamed Traoré s’applique à être au plus proche de la population pour pouvoir capter au mieux leur quotidien. Comme dans tous ses projets, ce qui le touche c’est l’humain : ses difficultés, sa résilience, ses forces et ses faiblesses et c’est pour cela qu’il est si important pour lui de partager leurs vies, ne serait-ce que pour un temps, de discuter avec eux, de connaitre leur histoire et à travers cela l’histoire d’un quartier, d’une ville, d’un pays.

En septembre 2018, il débarque à Conakry. C’est en parcourant cette ville qu’il découvre ce qui s’apparente à un bidonville en plein cœur du centre ville : le quartier Amzalazala. A la fois touché et fasciné par les personnes qu’il y rencontre, il décide de réaliser une série de photographies pour rendre compte de leurs conditions de vie. C’est le fruit de ce travail qu’il présente pour cette exposition intitulée « Les invisibles d’Amzalazala ».

 

VERNISSAGE : JEUDI 10 JANVIER – 18H30

ENTRÉE LIBRE